Le
chrétien
Dans
la salle ronde, il est debout, immobile.
Dessus
sa tête, une auréole de plomb, en l’air, fragile.
Il
est né avec. Oh, n’importe lequel d’entre nous
-Dites
des lâches, ou des rusés, des bestiaux ou bien des fous-
Effrayé par l’auréole, l’aurait saisi, l’aurait jeté
Du
plus loin au fond d’un lac noir. Et pour fêter
-
Ô soulagement !- cette victoire, serait parti, dansant,
Dans
la clarté du jour, dans les champs souriants
Pour
s’y rouler comme un enfant, tétant le soleil et le blé.
Lui
est resté dans la salle ronde, décidé à la garder.
S’il
reste immobile, l’auréole fond, aussi il se doit de bouger.
Mais
s’il bouge, chaque pas qu’il fait, il doit veiller
A
la garder droite, dessus sa tête, jamais ne faudra qu’elle tombe.
Sinon,
la larme du Seigneur fondrait sur lui comme une bombe.
Eduardo Pup