La fin

 

 

 

Le paradis, c’est un distributeur automatique de biftons

On les éjacule dans des pitreries

On dresse l’animal. On l’adresse. On le somme

Il faut jouer l’ahurie : rôle mondiale par excellence

Les carnavals sont des prairies où l’herbe est grâce

Mais en hiver, on la ferme

Les carnavals se font en hiver

Elles étaient là pour annoncer le printemps…

 

Toujours plus de soleil dans la fabrique

Sorti en série

La nuit ne doit pas se lever, c’est un principe économique

Cette économie d’aujourd’hui

Elle vous bombarderait les pétales d’une fleur

Qui aurait attendu la rencontre de deux cygnes

Dans une eau calme et brumeuse

Parce que ces couleurs heurteraient le marché

La marche du devenir monde

Qui ne sera sans doute jamais

D’ailleurs

Les morts ne parlent pas

C’est une évidence

Ce qu’il est moins

C’est qu’des milliard n’ont pas été enterré

Brûlé

Ou évanouie dans la nature

Comme se plaît à faire certain Monsieur et sans doute Madame

On les laisse ostensiblement sur la voie publique

Leurs corps en décomposition manifeste

C’est inhumain

C’est indécent

On devrait les conduire au cimetière

Dans les fours crématoires

Par charité

Ils ne se sauveront pas

Tellement habitué à être ensemble…

 

L’air purifié

On sentira peut-être ce qu’est le monde

Sans ce faux

Sans ces clones

On verra peut-être des êtres humains sortirent de leurs cachettes

Des vivants

Ceux qui font du houlà houp avec les anneaux de Saturne

Des fils de Mars ou de Jupiter

Et puis de Vénus

Tous ces êtres carnavalant

Des étoiles qui s’agitent sur terre

Elle sera enfin éclairée…

On peut tout à fait croire à une certaine forme d’engouement

Que les morts se mettent d’un coup à vivre

On peut l’exclure définitivement

Cette idée est comme eux

A enterrer

La question est de savoir

Comment s’en débarrasser ?

Les mots ont une force

Il s’agit de les clouer non plus sur une croix

Mais sur du marbre

Il faut appeler leurs villes : Necroceci, Necrocela

Necrolisbonne

Necroparis

Necrotokyo

Et voilà

Les morts sont enterrés

Mais ça n’résout pas le problème des vivants

Le deuil de ceux qui se sont éteints

Ça ne résout pas non plus celui des morts

Ils se croient vivants

A ce carrefour

L’impasse politique…

 

Prendre un vol

Destination : loin de tout

Des vivants avec leurs problèmes de mélancolie

Des morts avec celui de leurs joies de vivre

Loin de tout

Loin de tout

Il n’y a qu’un lieu

Cette terre

A mes pieds

Que je façonne de mes mains

Produit

De mon âme

 

 

 

Arnold KALAMBANI

 

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